Une nouvelle zen

QUI SUIS-JE ?

Un élève demande à maître Deshimaru :

– Que se passe t’il en soi lorsque l’on médite ?

– Le grand Moi regarde le petit moi, répond-il.

– Je ne comprends pas, dit l’élève.

– Le grand Moi, c’est ce qui vous fait chercher le calme, la paix intérieure, le recueillement, le silence, c’est la raison pour laquelle vous venez dans un dojo, pour mieux vous connaître vous-même. Le petit moi, c’est ce coté de vous-même toujours angoissé, agité, futile, superficiel, égoïste, préoccupé, pensant à dix mille choses en même temps… Dans la vie de tous les jours, le petit moi étouffe le grand Moi. Mais pendant la méditation, lorsqu’on est assis immobile à regarder ce qui se passe en soi, le grand Moi peut se déployer et il regarde le petit moi s’agiter devant lui comme sur un écran de télévision. A ce sujet un adage célèbre du zen dit : Comme dans un miroir / Le reflet est en toi / Mais tu n’es pas le reflet.

As-tu compris?

– Oui, dit l’élève.

Cette histoire me fait penser à celle du Dr Jekyll et Mr Hyde : le mauvais et le bon docteur dans la même personne. Nous avons tous le meilleur et le pire en nous-mêmes… Le grand Moi et le petit moi. Le tout est de s’en rendre compte.

Ce texte est une copie intégrale du texte QUI SUIS-JE extrait du livre « Sagesses et malices du zen » écrit par Marc de Smedt et Jochen Gerner aux éditions Albin Michel.

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7 réflexions sur “Une nouvelle zen

  1. Chère amie ,bonjour,
    je souris en pensant à mon frère devenu « zen,après des errances mystiques !à la recherche de son « ego » qui était devenu « étouffant » en étant « étoile!!! »
    comme le disait mon amie Brésilienne ,ex -chimiste niucléaire au brésil ,irradiée, et artiste peintre en France : »ton frère a vécu dans la lumière de la scène ,ne voyant rien que lui-même , et ignorant tous ses proches …en étant à le retraite et malade ,il prend conscience soudain qu’il n’est pas seul au monde … » ,c’est peut-être trop tard ;il se croit puni par Dieu et porte sa croix avec humilité ,tout en restant ,seul au monde avec ses deux « egos » qui se détruisent peu à peu …mais il est devenu calme et serein ,ce qui est positif ;
    ce que je ne serai jamais .
    Bisous
    Dan

  2. Pour moi, il ne s’agit pas du bien et du mal en chacun de nous. Je pense que la comparaison avec Dr Jekyll et Mr Hyde n’est pas appropriée. Dans cette anecdote, je pense qu’il s’agit des deux mouvements internes en chacun de nous, à savoir le mouvement, l’animation et l’immobilisme, la contemplation. Le grand Moi c’est l’eau qui dort ou la montagne qu’on ne voit pas, c’est tout ce qui inspire au calme et au vide, alors que le petit Moi anime sans cesse, comme une flamme (il est possible qu’une flamme trop forte dans le noir ne te permette pas de voir les flammes qui t’entourent ?). Un peu comme si nous étions les pantins et non les marionnettistes…

  3. Le grand moi est aussi ce que le google est à l’internet, un processus d’arrière plan superviseur qui s’execute dans notre cerveau et qui balaye la mémoire de notre cerveau pour l’analyser et en sortir des reflexions pour des actions en ligne ou futures.
    L’image du Dr Hyde peut donner l’impression que ce processus de reflexion est déconnecté et que le petit moi agit de façon incontrôlé et va se terminer par une erreur d’exécution pour toute action critique ou d’une error memory !!!

  4. Bonjour,

    Le grand moi et le petit moi ?;;;J’ai beaucoup lu sur le bouddhisme, et autres religions ou doctrines au choix ,car je suis agnostique.
    Nous sommes l’un et l’autre ,sans cesse , dans notre vie ,de la jeunesse à la sagesse ou au renoncement de la vieillesse ;
    Le problème n’est pas là …la vie est mouvance, en perpétuel changement, et il faut faire face à tous les aléas de la vie , sans se préoccuper de son ego ,mais des autres …en perdition; .je me suis oubliée , souvent , pour me consacrer aux autres et j’étais en accord avec ma vie intérieure qui n’a jamais cessé d’exister ,même si je me tournais vers le monde et les autres et ses plaisirs ….
    Mon frère ,lui, le sage, a ignoré tous ses proches ,dans sa sagesse zen , et tout à ses repas diététiques a donné un sens à sa vie =LUI.
    Nous ne sommes rien du tout dans cet univer, s et disséquer nos comportements ,n’est que perte de temps ,et de vie , et même de bonheur;
    Désolée , ce n’est pas lié à mon âge ou à mes problèmes ,j’ai toujours été ainsi.
    Amitié..
    Bisous
    Dan ,

  5. Oui nous sommes l’un et l’autre sans cesse. Le probleme c’est que si tu n’as pas un ego assez fort (dans le sens de croire en la valeur mysterieuse de sa vie et écouter ses intuitions et ce qui fait sens), tu risques de ne pas pouvoir faire face à ceux qui veulent te détruire. Avoir un ego c’est aussi connaître ses limites et ne pas mettre sa vie en danger. Savoir refuser la pression et dire NON. Le problème c’est que les pressions de la société sont telles que dire NON devient un luxe ce qui crée un réseau de contraintes psychologiques qui perturbent les fonctions biologiques (sommeil, concentration, mémoire).
    C’est lorsque l’équilibre de soi est relativement fort que l’on peut se consacrer aux autres.
    Mais l’homme parfait n’existe pas et à vouloir le devenir on en devient invivable pour soi et les autres (exemple les maniaques du tout-propre)
    Dissequer ses comportements ainsi que ceux des autres c’est un mécanisme utile pour mieux comprendre les situations, éviter la culpabilité source de souffrance. Egalement freiner ses pulsions, éviter la violence. Mieux vivre ensemble.

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